Gaz, électricité : la guerre au Moyen-Orient ravive les tensions sur les prix
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Le conflit en cours pèse sur les marchés du gaz et de l’électricité en Europe. Les cours du gaz ont grimpé de plus de moitié depuis fin février dernier. En France, les prix de l’électricité demeurent moins impactés, mais la volatilité reste forte.
Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026, le gaz est au centre de toutes les préoccupations. La fermeture quasi-totale du détroit d’Ormuz par l’Iran, où pétroliers et méthaniers transitent au compte-goutte, a confirmé les craintes du marché. Depuis, « les attaques iraniennes ont mis hors d’usage 17 % de la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar » affirmait le 19 mars le ministre de l’Énergie du Qatar, également PDG de la compagnie nationale QatarEnergy. Et même si c’est surtout l’Asie, et en particulier la Chine, qui s’approvisionne en gaz qatari (ce dernier représentant moins de 11 % des importations de gaz de l’UE en 2025), cette chute de la production a un retentissement mondial. Les tensions sur l’approvisionnement ont de facto entraîné une hausse des prix sur les marchés, et les traders chargés des transactions se tournent vers les clients les plus offrants. Ainsi, plusieurs méthaniers qui se dirigeaient vers l’Europe, dont certains en provenance des États-Unis, se sont reroutés vers l’Asie, où les prix du gaz étaient plus élevés.
Le gaz en hausse pour 2026 et 2027
Par conséquent, les prix européens pour livraisons à court et moyen terme se sont renchéris. Au Point d’Echange Gaz (PEG), le marché de gros français, la livraison spot (immédiate), qui en moyenne valait à peine 32 €/MWh en février, est passée à 51 €/MWh en mars (à ce jour), marquant un bond de +60%. La livraison pour 2027 valait quant à elle 26 €/MWh fin février, et dépasse désormais les 43 €/MWh au 27 mars dernier, soit un bond similaire de +65%. Pour rappel, nous parlons ici du prix de gros de la molécule de gaz, l’une des composantes du tarif global de votre contrat gaz.
Si le conflit se prolonge tout en prenant pour cible d’autres infrastructures de production ou de transport de gaz naturel, les marchés pourraient rester sous tension. Pourtant, les États membres de l’Union Européenne s’étaient mis d’accord en décembre dernier pour interdire progressivement toute importation de gaz russe d’ici l’automne 2027. En 2025, celles-ci représentaient encore 6 % du gaz fourni dans l’UE (le premier fournisseur de l’UE étant la Norvège pour 33 % puis les États-Unis pour 27 %). Face à cette crise énergétique, l’Europe cherche à réduire la pression sur les pays membres. Elle a par exemple abaissé les seuils obligatoires de remplissage des réserves de gaz naturel, pourtant au plus bas depuis 5 ans, à 80% au lieu des 90% requis (au plus tard le 1er novembre de chaque année). De nouveaux terminaux d’accueil de GNL sont également en construction, ce qui devrait contenir les risques de pénurie l’année prochaine en Europe centrale et de l’Est.
L’électricité moins exposée en France
Les prix de l’électricité en Europe demeurent encore globalement corrélés aux prix du gaz. Pour rappel, la dernière centrale « appelée » détermine à chaque instant le prix pour l’ensemble de la production d’un pays (mécanisme du merit order), et il s’agit souvent d’une centrale à gaz, voire à charbon selon le pays. Toutefois, le système électrique français bénéficie actuellement d’une énergie nucléaire abondante, ce qui limite le recours au gaz et donc sa dépendance à la guerre au Moyen-Orient, contrastant avec l’épisode de 2022 de l’invasion de la Russie en l’Ukraine qui coïncidait avec la mise à l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires pour cause de corrosion sous contrainte. De plus, la production à partir d’énergie renouvelable (hydraulique, éolienne et solaire), prioritaire dans le merit order, reste très satisfaisante.
En revanche, le système électrique allemand, fortement dépendant des énergies fossiles, en ressort plus impacté. Au 27 mars dernier, la livraison pour 2027 valait en France 59 €/MWh, prenant seulement +9 €/MWh depuis fin février, alors qu’outre-Rhin elle en valait 97 €/MWh, prenant +17 €/MWh sur la même période. Pour autant, les entreprises françaises cherchent à se sécuriser, certaines s’efforçant de conclure des contrats d’énergie jusqu’en 2029, voire 2030 si le marché le permet.
Dans ce contexte, Dyneff reste mobilisé pour accompagner ses clients dans la sécurisation de leurs approvisionnements face à la volatilité des marchés.